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Publié par Jean-Luc

Les textes bibliques ont été copiés et recopiés avec attention, afin de communiquer aux générations suivantes le contenu du message qu'ils portent, avec la plus grande exactitude. Ces deux exigences ont contribué à faire du message biblique l'un des mieux transmis au monde.

Dans l'ancien Israël, le savoir et les traditions se sont d'abord transmis oralement. De même, à l'époque du Nouveau Testament, les traditions concernant Jésus de Nazareth ont d'abord circulé sous forme orale.
Lorsque ces traditions sont mises par écrit, on fait appel à des spécialistes, les scribes, dont le rôle est d'écrire et de recopier fidèlement le texte.

Les manuscrits bibliques ont été recopiés et transmis de génération en génération par les scribes juifs et les copistes chrétiens. Du fait de l'expansion du christianisme et de la priorité donnée aux livres qu'il utilise, les copies des textes de la Bible sont beaucoup plus nombreuses et généralement plus anciennes que celles des grands textes de la littérature classique (Sophocle, Platon, Aristote, etc...).
On dispose aujourd'hui d'environ 25 000 manuscrits bibliques, de taille très variable : de minuscules fragments mesurant quelques centimètres, ainsi que de codex qui contiennent la Bible entière.

Les nombreux manuscrits de la Bible que nous possédons présentent cependant des variantes d'importances diverses. On appelle "variante" toute différence entre les manuscrits. Certaines sont mineures et n'affectent pas le sens du texte, d'autres y apportent des nuances. On dénombre plusieurs dizaines de milliers de variantes pour la Bible hébraïque, et plusieurs milliers pour le Nouveau Testament.
La comparaison des manuscrits, ou critique textuelle, permet d'établir une version la plus proche possible du texte d'origine. Ce travail scientifique fournit un texte de référence qui sert de base pour traduire la Bible.

Jusqu'au 15 siècle, le texte de la Bible était copié à la main. On ne pouvait alors produire qu'un seul livre à la fois. La fabrication d'un livre était longue et coûteuse. La lecture restait le privilège d'un petit nombre de personnes instruites, surtout des religieux. 
Au milieu du 15è siècle, en l'espace d'une vingtaine d'années, l'Europe découvre une nouvelle technique de fabrication du livre, qui permet une large diffusion des idées. La Bible est le premier livre imprimé. 

L'imprimerie permet d'augmenter la diffusion de la Bible. Des traductions dans les principales langues européennes se multiplient dans la première moitié du 16è siècle, d'abord traduites à partir de la version latine commune (la Vulgate) devenue la Bible de référence, puis , très vite, à partir des manuscrits hébreux et grecs, comme le recommandent les humanistes. L'idéal humaniste, relayé par les principes de la Réforme protestante, consiste aussi à mettre la Bible à la disposition de chacun, quel que soit son niveau social et d'éducation. Mais cet idéal se heurte à divers obstacles :
- la Bible imprimée coûte encore cher
- Au 16è siècle en Europe occidentale, plus de 90% de la population est analphabète. La transmission du message de la Bible passe donc en priorité par les sermons de l'Église.
- La Bible fait aussi l'objet de débats passionnés entre protestants et catholiques. Ces polémiques entraînent des censures et des interdictions de publication.

Le débat n'est pas seulement entre catholiques et protestants. À l'intérieur de l'Église catholique, les positions diffèrent. Derrière cette question de l'accès à la Bible se jouent aussi des enjeux de pouvoir et de contrôle des consciences. La violence s'est introduite dans l'histoire de la transmission de la Bible : au nom de cette Bible, des hommes subissent le supplice et la mort. Le rêve des humanistes d'un libre accès de tous à l'Écriture est momentanément contrarié. 

Au début du 19è siècle, la Bible est traduite dans la plupart des langues européennes, mais son usage est toujours réservé à une minorité instruite. Les classes pauvres, les ouvriers ou les paysans n'ont pas accès à la lecture. Les Bibles imprimées restent rares et coûteuses. 
C'est à ce moment que se développe le mouvement des Sociétés bibliques. La première d'entre elles, la British and Foreign Bible Society (BFBS), est fondée à Londres en 1804, avec pour vocation de "traduire, imprimer et distribuer la Bible, sans notes ou commentaires, dans les îles britanniques et partout dans le monde". La BFBS rassemble des chrétiens de nombreuses dénominations, et attire de grandes figures de son temps, comme Willam Wilberforce, membre du Parlement et promoteur de l'abolition de l'esclavage. En Europe, d'autres Sociétés bibliques nationales sont fondées. Ce mouvement de diffusion de la Bible est d'abord bien accueilli par l'Église catholique, mais rapidement, elle le condamne. Il faut attendre le 20è siècle et le concile Vatican II pour que la collaboration entre l'Église catholique et les Sociétés bibliques se développe.

Au début du 21è siècle, les supports se diversifient encore : le numérique, les applications, les vidéos, la Bible en  version audio... 
La multiplication des supports laisse augurer un bel avenir pour la transmission de ce texte millénaire !
Ce texte est tiré du catalogue de l'expo La Bible Patrimoine de l'humanité.
Pour en savoir plus sur le projet
, cliquez-ici 

 

 

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